Sciences et mysticismes (hum)
Il faut bien que j’écrive quelques mots à propos du livre de Trinh Xuan Thuan que nous présente Jean-Pierre qui n’aurait sans doute pas compris que je ne réagisse pas. 😊
En fait je m’étais déjà confronté à ce genre de littérature dans les années soixante-dix avec Le Tao de la physique d’un certain Fritjof Capra. Et je m’étais bien juré qu’on ne m’y reprendra plus. Depuis j’ai soigneusement évité de trouver sur ma table le moindre livre de Trinh Xuan Thuan si ce n’est quelque interview ou articles dans les revues spécialisés. Et pourtant l’individu est prolixe et on ne compte plus ses succès d’édition. Une petite dose de mysticisme, particulièrement oriental, est toujours susceptible d’attirer le lecteur plus facilement que la sécheresse d’un exposé scientifique « pur sucre ». Mais malgré la précaution habilement prise (« mais attention, il ne s’agit pas de mêler les deux approches — découvertes scientifiques et philosophies orientales — elles sont hermétiques ») toutes ces mises en « parallèles » ne visent qu’à semer la confusion et à instiller l’idée que toutes ces découvertes scientifiques existaient déjà dans les philosophies, religions, cultures précédent la connaissance scientifique. Quant à dire « Logos et mythos, science et spiritualité sont deux voies parallèles, même si l’une et l’autre se fondent sur une quête de la vérité dont les critères sont l’authenticité et la rigueur ». Comment peut-on mettre au même niveau deux démarches dont l’une est fondée sur la possibilité de son autocritique et de sa « réfutabilité » alors que l’autre ne peut être que spéculative ou/et du domaine de la foi.
Je voudrais m’attarder sur une petite phrase qui me semble représentative de la pernicieuse ambiguïté qui peut exister dans de telles affirmations : « l’homme se situe entre deux infinis, l’infiniment petit et l’infiniment grand ». Quelle évidence n’est-ce pas. Quelle banalité. Que non ! cette petite phrase a un but bien précis c’est de recentrer l’univers sur l’Homme. C’est que la place de l’Homme dans l’univers n’a cessé de se perdre depuis que la science existe pour n’être qu’un petit être sur une petite planète dans un petit système solaire (je râle d’entendre dire que la terre tourne autour du soleil) faisant partie d’une petite galaxie etc…Détaillons un peu maintenant, « l’infiniment petit » et non, il n’y a pas d’infiniment petit. La petitesse est limité par la longueur de Planck: 1,62 x 10-35 mètre. C’est pas beaucoup d’accord. Et même chose pour l’infiniment grand, l’univers à une taille. Pour l’instant disons 10 27 m. Nous c’est 10 0 m. En réfléchissant nous sommes plutôt du côté de l’infiniment grand. On peut être fier. En fait une valeur médiane (moyenne est trop précis) serait plutôt autour de 10-4,5 m qui est une dimension qui ne correspond pas à grand-chose, trop grande pour les virus et les bactéries, mais ça peut fonctionner pour une cellule d’un être vivant (chic, on va pouvoir spéculer là-dessus). Mais comme l’univers est en expansion nous aurons tendance à nous éloigner de l’infiniment grand pour nous rapprocher de l’infiniment petit. Mais bon il y aura belle lurette que notre planète aura été absorbée par notre beau soleil avant que ce soit significatif. Bon je rigole bien entendu, mais c’est ce qui se passe quand on veut faire dire aux nombres plus qu’ils ne peuvent hors de leur contexte scientifique.
Par ailleurs, je recommande à ceux qui veulent avoir un tour d’horizon sérieux sur le vide de lire le numéro juillet-août de La Recherche centré sur ce sujet. On y parle également de méditation. Si si, on peut avoir une certaine ouverture d’esprit. Et puisque nous en sommes aux lectures de l’été, je recommande La renaissance du temps de Lee Smolin et L’ordre du temps de Carlo Rovelli deux physicien qui ont travaillé ensemble sur « la gravité quantique à boucles » et qui aboutissent curieusement à des positions différentes voire apposées sur le temps. A lire et relire et rerelire si on veut en assimiler quelques parcelles. Ensuite on peut faire deux courants à l’intérieur du G10 pour pouvoir polémiquer. 😊
Pas besoin de nombres, ni de raisonnements compliqués pour gouter la vie et l’accueil à la « La Sarrazine ». Simplicité, calme, sérénité peut-être. Il m’arrive d’utiliser le mot « Zen ». Je ne connais rien bien sûr à cette philosophie mais bon, quelques images prise au Crotoy en baie de Somme qui peuvent y faire penser.
Bonjour à tous.
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