dimanche 23 août 2020

Texte de Jean-Pierre

 

C’est parti ! Notre blog, notreG10.com, merci Pierre d’y réagir. Mais pourquoi pas d’autres ?

Peut-être éviter les polémiques ou les duels, chacun est libre de lire, de penser, d’exprimer ce qu’il souhaite ou de rester silencieux.

Les paroles sont souvent un masque (Nietzche!) et comment voir le sucre fondu dans l’eau. J’aime bien la métaphore de Deleuze : « l’arbre et la racine ne peuvent plus rendre compte de la complexité du monde, le rhizome, au contraire, par la diversité de ses formes ne cesse de s’effectuer en mille plateaux et non en branche d’un tronc unique… ».

Pourquoi dans cette profusion du G10 ne pas partager, pour ceux qui le désirent, quelques lectures, pensées, réflexions sur des sujets choisis ?

- Lucien me disait qu’il nous ferait volontiers partager des idées sur un film (et peut-être le voir à son ciné-club de Libourne)

- Nita d’un roman à l’autre…

- Pierre des sciences « sérieuses » ...

- Sylvie d’un poème à l’autre...

- Pour moi, c’est plutôt les essais ou les biographies...

- Qui pour la peinture ?

- Qui pour la nature, les plantes, les fleurs, les oiseaux ?

- Qui pour le monde et la politique !

And so and so, affaire à suivre, mais l’idée est lancée !


En évitant les jeux à somme nulle (il faut un gagnant et un perdant) et en préférant les jeux à somme non nulle (chacun peut y gagner), le texte de Pierre questionne, comme la lecture de Trinh peut questionner.

- n’y at-il pas dans ce texte un petit procès d’intention vis-à-vis de Trinh ? Est-t-on si sûr que Trinh cherche vraiment à semer la confusion, à instiller des idées, à ajouter une petite dose de mysticisme pour vendre ses livres ?

- n’y a-t-il pas l’affirmation d’une hiérarchie plaçant les sciences physiques au premier plan ? Mais quid des Sciences humaines et sociales (les SHS) ?


J.P. le 23 août 2020

mardi 18 août 2020

Pierre et Trinh Xuan Thuan

 


Sciences et mysticismes (hum)


Il faut bien que j’écrive quelques mots à propos du livre de Trinh Xuan Thuan que nous présente Jean-Pierre qui n’aurait sans doute pas compris que je ne réagisse pas. 😊

En fait je m’étais déjà confronté à ce genre de littérature dans les années soixante-dix avec Le Tao de la physique d’un certain Fritjof Capra. Et je m’étais bien juré qu’on ne m’y reprendra plus. Depuis j’ai soigneusement évité de trouver sur ma table le moindre livre de Trinh Xuan Thuan si ce n’est quelque interview ou articles dans les revues spécialisés. Et pourtant l’individu est prolixe et on ne compte plus ses succès d’édition. Une petite dose de mysticisme, particulièrement oriental, est toujours susceptible d’attirer le lecteur plus facilement que la sécheresse d’un exposé scientifique « pur sucre ». Mais malgré la précaution habilement prise (« mais attention, il ne s’agit pas de mêler les deux approches — découvertes scientifiques et philosophies orientales — elles sont hermétiques ») toutes ces mises en « parallèles » ne visent qu’à semer la confusion et à instiller l’idée que toutes ces découvertes scientifiques existaient déjà dans les philosophies, religions, cultures précédent la connaissance scientifique. Quant à dire « Logos et mythos, science et spiritualité sont deux voies parallèles, même si l’une et l’autre se fondent sur une quête de la vérité dont les critères sont l’authenticité et la rigueur ». Comment peut-on mettre au même niveau deux démarches dont l’une est fondée sur la possibilité de son autocritique et de sa « réfutabilité » alors que l’autre ne peut être que spéculative ou/et du domaine de la foi.

Je voudrais m’attarder sur une petite phrase qui me semble représentative de la pernicieuse ambiguïté qui peut exister dans de telles affirmations : « l’homme se situe entre deux infinis, l’infiniment petit et l’infiniment grand ». Quelle évidence n’est-ce pas. Quelle banalité. Que non ! cette petite phrase a un but bien précis c’est de recentrer l’univers sur l’Homme. C’est que la place de l’Homme dans l’univers n’a cessé de se perdre depuis que la science existe pour n’être qu’un petit être sur une petite planète dans un petit système solaire (je râle d’entendre dire que la terre tourne autour du soleil) faisant partie d’une petite galaxie etc…Détaillons un peu maintenant, « l’infiniment petit » et non, il n’y a pas d’infiniment petit. La petitesse est limité par la longueur de Planck: 1,62 x 10-35 mètre. C’est pas beaucoup d’accord. Et même chose pour l’infiniment grand, l’univers à une taille. Pour l’instant disons 10 27 m.  Nous c’est 10 0 m. En réfléchissant nous sommes plutôt du côté de l’infiniment grand. On peut être fier. En fait une valeur médiane (moyenne est trop précis) serait plutôt autour de 10-4,5 m qui est une dimension qui ne correspond pas à grand-chose, trop grande pour les virus et les bactéries, mais ça peut fonctionner pour une cellule d’un être vivant (chic, on va pouvoir spéculer là-dessus). Mais comme l’univers est en expansion nous aurons tendance à nous éloigner de l’infiniment grand pour nous rapprocher de l’infiniment petit. Mais bon il y aura belle lurette que notre planète aura été absorbée par notre beau soleil avant que ce soit significatif. Bon je rigole bien entendu, mais c’est ce qui se passe quand on veut faire dire aux nombres plus qu’ils ne peuvent hors de leur contexte scientifique.


Par ailleurs, je recommande à ceux qui veulent avoir un tour d’horizon sérieux sur le vide de lire le numéro juillet-août de La Recherche centré sur ce sujet. On y parle également de méditation. Si si, on peut avoir une certaine ouverture d’esprit. Et puisque nous en sommes aux lectures de l’été, je recommande La renaissance du temps de Lee Smolin et L’ordre du temps de Carlo Rovelli deux physicien qui ont travaillé ensemble sur « la gravité quantique à boucles » et qui aboutissent curieusement à des positions différentes voire apposées sur le temps. A lire et relire et rerelire si on veut en assimiler quelques parcelles. Ensuite on peut faire deux courants à l’intérieur du G10 pour pouvoir polémiquer. 😊


Pas besoin de nombres, ni de raisonnements compliqués pour gouter la vie et l’accueil à la « La Sarrazine ». Simplicité, calme, sérénité peut-être. Il m’arrive d’utiliser le mot « Zen ». Je ne connais rien bien sûr à cette philosophie mais bon, quelques images prise au Crotoy en baie de Somme qui peuvent y faire penser.



 

Bonjour à tous.


vendredi 14 août 2020

Nita conseille Anne-Marie GARAT

 Bienvenue aux échanges de livres entre amis du G10 !


Lectures estivales. « Pense à demain », d’Anne-Marie GARAT


C’est Christiane qui me parle d’un roman qu’elle vient de lire écrit par une « normalienne », comme elle le fut, en ces temps lointains de formation d’enseignants. Et qui me le propose car,dans ce roman, tout baigne dans ce Médoc que nous fréquentons : l’océan, les pins, les dunes, le sable, les villages...Vite lu, cette « Nuit Atlantique » de trois cents pages, malgré quelques réticences devant la longueur des phrases, mais que le récit fait à la première personne m’accroche tout de suite.


Et quel autre texte ? La bibliothèque voisine m’en propose un  où je me plonge, plus à l’aise volets clos que dans la fournaise d’août sous Covid 19 .

« Pense à demain », d’Anne-Marie GARAT, se présente comme un roman écrit sur cinq années et paru en 2010.

Il met en scène deux familles aux nombreux ascendants et descendants, augmentés de personnages rattachés, tous pris dans les évènements du XXème siècle, particulièrement ceux de la Deuxième guerre mondiale et de Mai 68. Avec eux, je traverse le siècle dernier, dans l’espace et dans le temps, au pas de charge.

Un arbre généalogique, ou ce qui lui ressemble, présente les relations entre les personnages, que j’ai pu confronter à un génosociogramme de ma composition devenu nécessaire au fil des pages...Peut-être aurais-je pu avancer plus vite dans ma lecture si j’avais pris le temps de feuilleter les dernières pages...Mais est-ce bien utile ? Faire soi-même ce travail de repérage permet de reprendre son souffle dans ce long voyage de 613 pages écrit menu en plus !


Des références historiques précises justifient les cinq années de recherches et d’écriture, de classement et reclassement pour adapter en 25 chapitres une chronologie resserrée dans le roman sur trois mois, de l’année 1963 selon l’auteure.Suivies d’un épilogue de 11 pages qui ont pu satisfaire une grande partie de ma curiosité.


Les thèmes sont nombreux, dont celui de la spoliation d’oeuvres d’art confisquées à des Juifs emmenés dans des camps.Mais pas seulement. Photographes, libraire, politiciens, notables et urbanistes, banquiers ; morales bourgeoises et jeunesses confrontées aux changements de société.


Anne-Marie GARAT nous fait le cadeau de ses réflexions personnelles surgies d’une large culture dans un style personnel où jamais on ne se perd malgré le souffle qui traverse ses phrases et nous entraîne au large de nous-mêmes.


Enfin, les dernières pages consacrées à un épilogue qui tient davantage du récit que du roman proprement dit, invite à réfléchir sur notre monde actuel et nous propose de visiter le cadre naturel du roman devenu en 2010 Le Centre d’Etudes Agronomiques du Mesnil, agrandi d’une ferme de 40 hectares et d’un petit restaurant propres à une visite dominicale.


Remarque : ce roman est le troisième d’une trilogie que l’auteure nous convie à lire : « Dans la main du diable » et « L’Enfant des Ténèbres » que j’irai  demander à la bibliothèque voisine.


Nita, le 13 août 2020


mercredi 12 août 2020

Trinh Xuan Thuan

 

Lectures estivales, août 2020


Trinh Xuan Thuan : La plénitude du vide, Paris, Albin Michel, 2016, 341p.


L’été, sous les pins de Lacanau où le murmure de l’océan se mêle au chant des cigales, les heures passent doucement ; le soleil brille, le ciel, souvent bleu le jour et étoilé la nuit, nous invitent aux voyages et aux pensées multiples. Toute sorte de livres nous accompagnent aussi, divertissement, distraction, mais il y a aussi du lourd, du sérieux, du profond. Et hop, voilà Trinh Xuan Thuan, un astrophysicien de l’Université de Virginie, né à Hanoï en 1948, découvreur de la plus jeune galaxie connue de l’univers qui s’invite à la table des lectures. Le livre nous a été prêté par Henri, et Catherine, à qui j’en parlai, m’a dit, pourquoi pas un résumé ? Chiche ? 341 pages réduites à 2 pages, voilà un petit défi sympathique.


Trinh Xuan Thuan, un sacré personnage qui publie, années après années, des ouvrages de vulgarisation scientifique. Sa marque de fabrique est de présenter les découvertes scientifiques tout en interrogeant les philosophies orientales, mais attention, il ne s’agit pas de mêler les deux approches, elles sont hermétiques. Logos et mythos, science et spiritualité sont deux voies parallèles, même si l’une et l’autre se fondent sur une quête de la vérité dont les critères sont l’authenticité et la rigueur. Il considère que la manière d’appréhender le réel par ces deux approches peut déboucher sur une harmonieuse complémentarité et le Tao, nous en parlerons plus loin, pointe déjà son nez !

Pour en revenir à « La plénitude du vide », Trinh nous rappelle que l’homme se situe entre deux infinis, l’infiniment petit et l’infiniment grand, mais que chaque fois il rencontre le vide ! En six chapitres il nous accompagne dans ce voyage inédit. Mais quel voyage, il faut s’accrocher ! Quelques réflexions sur le vide et le néant dans un premier chapitre, puis place aux mathématiques où le vide prend la forme du chiffre zéro ; c’est le « génie » indien qui lui confère enfin le statut de nombre à part entière, mais il a fallu attendre que les chiffres « arabes » l’imposent au reste du monde. Le deuxième chapitre explore la notion de vide dans l’histoire des débuts scientifiques, les Grecs, bien sûr avec Démocrite, mais voilà qu’Aristote déclare que « la nature a horreur du vide ». Il faudra attendre près de 20 siècles pour que le vide redevienne un sujet sérieux avec les expérimentations de Torricelli et de Pascal. Ces deux penseurs (et quelques autres…) utilisent leurs fameuses colonnes de mercure dans des tubes de verre pour créer un vide physique démontrant enfin que la nature n’abhorre pas le vide. Dont acte ! Mais est-ce que l’espace, au-delà de notre planète, est totalement vide ? Dans un troisième chapitre, Trinh nous rappelle que les Grecs, Aristote en tête, avaient trouvé une réponse : « l’éther » qui plus léger que l’air, l’eau, la terre et le feu baignerait l’univers tout entier ; là aussi les « croyances » scientifiques sont longues à déboulonner et il faut attendre le XXe siècle pour qu’Einstein et sa théorie de la relativité jettent un sort à « l’ether » ; et puis la mécanique quantique décrit enfin le monde des atomes et des particules subatomiques qui offrent une nouvelle conception du vide. Ouf ! Mais c’est pas fini, dans un quatrième chapitre ça se complique encore avec le « principe d’incertitude de Heisenberg » et les particules virtuelles qui seraient du « vide-plein ».

On respire un peu avec le cinquième chapitre qui nous ramène à l’histoire de l’univers lié au vide par excellence ! Comment ce vide a-t-il pu être la cause du « bing-bang » il y a quelques milliards d’années? Et comment l’univers a-t-il décéléré pendant les 7 premiers milliards de son existence ? Mais le vide est-il responsable de son accélération depuis le huitième milliard d’années ? Aïe, aïe aïe, pas si simple !

Heureusement le dernier et sixième chapitre intitulé « Le Tao du vide » abandonne en partie les théories scientifiques « pur sucre » pour s’ouvrir aux réflexions des sciences humaines et sociales (SHS) en comparant la connaissance rationnelle du cosmos et la connaissance mystique orientale. Ah ! Les visions taoïstes et bouddhistes du monde le disent simplement, le vide est à l’origine de l’univers. Depuis, le Yin, le Yang et le Tao n’arrêtent pas de jouer ensemble. Le Tao, c’est la « voie » ou la « méthode », et l’univers est façonné par l’action dynamique et réciproque des deux forces polaires que sont le Yin et le Yang. L’une contient l’autre en germe et elles se succèdent de façon cyclique. Trinh convoque François Cheng, un de ses complices asiatiques pour enfoncer le clou : « Du Tao d’origine, conçu comme le vide suprême, émane l’Un qui est le souffle primordial, lequel engendre à son tour les deux souffles complémentaires Yin et Yang : ceux-ci par leur incessante interaction, engendre tous les êtres qui parviennent à faire naître entre eux l’harmonie grâce au souffle qu’est le Vide médian ». Celui-là, je vous en parlerai une autre fois car c’est encore une autre histoire.

Il faut bien conclure. L’ouvrage est écrit dans une langue personnelle et la démonstration réussie. Que ce soit à l’échelle du cosmos, avec le fameux « vide intersidéral », ou à celle de l’atome, l’existence et même l’omniprésence du vide est bien une évidence. Et vous l’aurez bien compris, la « fécondité du vide » pour les scientifiques rejoint en partie les intuitions des traditions taoïstes et bouddhistes, mais il ne faut pas mélanger les deux approches. Aux scientifiques de rechercher une unité totale dans l’univers et à chacun de nous de trouver une voie et peut-être une vie saine, paisible et heureuse. C’est pas gagné !


Pour des lectures un peu plus faciles, on peut conseiller le livre de Trinh de 2017 : « La nuit » (édition de l’Iconoclaste). L’auteur nous raconte son travail nocturne depuis l’observatoire de Mauna Kea, situé à 4000 mètres d’altitude dans le Pacifique sud, où il scrute le lointain, analyse les galaxies à la recherche des origines de l’univers. Mais, la tête dans les étoiles, il convoque aussi poètes et artistes avec citations et reproductions … Un récit où se mêlent la quête scientifique et les créations artistiques car la nuit est à la fois un temps de questionnement et d’émerveillement, le temps des peurs, du rêve et de l’amour…


Si vous venez nous voir à « La Sarrazine » de Lacanau, vous verrez les trois boules de verre dans le petit jardin Zen et encore les trois troncs de pins qui se regardent en plusieurs coins du terrain. N’y cherchez pas un message, pour nous c’est simplement beau dans le paysage et apporte une touche de culture dans la nature, mais chacun peut y voir ce qu’il veut ! Pour ma part, fini la lecture, c’est l’heure de la pétanque, si c’est en triplette, on joue avec deux boules, si c’est en doublette on joue avec trois. Je préfère la doublette comme je préfère pointer et caresser le cochonnet que de tirer et tout casser. Allez savoir pourquoi ? Les vagues océanes ne sont pas loin et attendent que le soleil tombe et disparaisse dans le vide lointain. Puis, place aux étoiles, j’en repère bien une douzaine dans le ciel mobile de la nuit, pour les planètes c’est plus difficile car elles n’arrêtent de bouger dans la plénitude du vide. Et demain sera un autre jour dans ce trop plein de l’été.








Si vous venez nous voir à « La Sarrazine » de Lacanau, vous verrez les trois boules de verre dans le petit jardin Zen et encore les trois troncs de pins qui se regardent en plusieurs coins du terrain. N’y cherchez pas un message, pour nous c’est simplement beau dans le paysage et apporte une touche de culture dans la nature, mais chacun peut y voir ce qu’il veut ! Pour ma part, fini la lecture, c’est l’heure de la pétanque, si c’est en triplette, on joue avec deux boules, si c’est en doublette on joue avec trois. Je préfère la doublette comme je préfère pointer et caresser le cochonnet que de tirer et tout casser. Allez savoir pourquoi ? Les vagues océanes ne sont pas loin et attendent que le soleil tombe et disparaisse dans le vide lointain. Puis, place aux étoiles, j’en repère bien une douzaine dans le ciel mobile de la nuit, pour les planètes c’est plus difficile car elles n’arrêtent de bouger dans la plénitude du vide. Et demain sera un autre jour dans ce trop plein de l’été.

J.P.A. le 11 août 2020

samedi 1 août 2020

La chevauchée fantastique

Un bonjour périgourdin au G10, et merci grand merci pour l’amitié gourmande et la chaleur de votre accueil !

Merci à Jean-Pierre pour ses jolies lignes sur mon métier de poète, et ma manière de le pratiquer… Pour vous en donner une idée plus précise, et en hommage à la ténacité cinéphilique (et civique) de Lucien et Christine, je vous joins deux trois pages de ce chantier en cours : la réécriture en vers de La Chevauchée fantastique de John Ford, film qui réveilla le genre western en 1939, et lia (pour longtemps) John Wayne à John Ford



Stagecoach la chevauchée fantastique

First : dissolve far west…




où est-ce

l’ouest

est-ce l’ouest

l’ouest lointain ?…


C’est dans l’ouest lointain

une image fondue dans le temps…

Une diligence, stagecoach,

traverse l’aube et l’écran.

En ce temps des indiens…

Apaches, Cherokees, Cheyennes, Comanches,

Navajos, Sioux

sur le sentier de la guerre, les pistes caillouteuses,

le monument de la vallée apache.

L’image fond progressivement dans un ciel

au lever du jour une diligence

fonce et se fondant

premières lueurs déchirent la nuit…


Dissolve to the stagecoach crossing the screen…


Elle traverse l’aube et l’écran,

cette diligence,

ciel bas, trouée de lumière, fondu enchaîné.

Stagecoach franchit le lointain.

On n’entend pas encore la voix

qui presse et encourage les chevaux

la voix du cocher, l’acteur Andy Devine

arrivé à Hollywood à la fin du muet

sa voix éraillée, le grain de sa voix

bientôt crépite la chevauchée…


Dissolve denotes continuity

by gradual replacement of one shot

by another


C’est d’abord la musique qui envahit le paysage

masquant presque le monument de la vallée,

le lointain, le long, au galop,

passent les chevaux des soldats, les chevaux des Apaches,

ceux de la diligence, et les hommes aussi,

soldats, indiens, cocher…


Autour tout autour de la diligence, il y a

il y a

les indiens


autour tout autour de la diligence

il y a

des canyons


autour de la diligence

il y a

l’Arizona, il y a l’Utah

et il y a

des villes, il y a des saloons,

il y a du whisky

il y a des chercheurs d’or,

il y a un shérif

et des hors la loi

il y a des femmes, aussi


autour tout autour de la diligence

tout autour tout autour

il y a

des cowboys,

il y a des troupeaux

il y a des troupes, des soldats,

il y a des propriétaires

il y a des terres, l’éther

il y a des indiens

il y a des colons

et des immigrés


autour tout autour

il y a

il y a des Algonquins, des Hurons

il y a des iroquois,

des comanches et des navajos

il y a des cheyennes

il y a des cherokees

il y a des Sioux

il y a des Apaches autour

tout autour de la diligence


Et il y a il y a

des irlandais, des polonais

il y a des allemands, des russes

des scandinaves et des chinois

des italiens et des anglais

et il y a des français

autour


il y a il y a

il y a des américains

tout autour


autour de Stagecoach

tout autour tout autour

il y a Hollywood

il y a des dollars

il y a beaucoup de dollars


et il y a dans la diligence

un cocher, un fouet

un shérif et un hors la loi

il y a des passagers,

il y a des hommes

et des femmes, aussi


et il y a, tout autour, il y a

Boule de suif

il y a Maupassant

il y a Claire Trevor

et Mrs Mallow

et il y a

Géronimo 


(…)


Jean Pierre nous a quitté

 "Parlant de lui-même, il nous dit que jardiner est une façon d’affronter la peur de la mort : “Je veux qu’elle me prenne tout botté qu...