Texte soumis par JPA
L'HOMME
EST-IL
ESPRIT
OU
MATIERE
Voilà
un débat qui
ne date pas
d'hier!
Entre
matérialistes
et idéalistes,
la sphère
des idées
et le
monde
sensible,
les avis
n'en
finissent
pas de
s'affronter
depuis
deux
mille cinq
cents ans.
Nous
n'avons
toujours
pas fini d'en
découdre avec ce dualisme,
le débat
continue!
Sans
oublier
nos racines grecques,
quelles réponses
la modernité
peut-elle
apporter à
ce problème
existentiel,
ontologique?
Par
Eugénie
Baylac
Ah
beau
sujet,
vaste
sujet
!
L'homme
se définit-il
uniquement
par
ses
données
biologiques,
son
corps
et
ce
qui
lui
arrive physiquement
dans
le
temps
qui
lui
est
imparti,
entre
la
naissance
et
la
mort?
Ou
bien
l'homme
eut-il
être
envisagé
autrement,
d'après
une
composante
de
l'esprit,
pris
et
compris
en
dehors
de
la
donnée
biologique,
selon
sa capacité
à raisonner,
et à exister
dans
ce
que
l'on
pourrait
appeler
l'immatériel,
et
que
certains
iront
jusqu'à
définir
par
la
notion
d'âme?
Dans
l'Antiquité,
Platon
identifiait
deux
sphères
dans
lesquelles
nous
évoluerions.
D'une
part,
il
y
aurait
le
monde
sensible
perçu
par nos
sens et
reflet
mensonger
de
la
réalité,
car les
sens
nous
trompent,
ils
nous
enivrent
et ne sont
pas
fiables
selon
lui.
D'autre
part,
on
trouverait
le
monde des
idées,
sphère
céleste
d'où
notre
âme serait
issue,
toujours
selon
lui,
et
qui
contiendrait
en
essence
la
matrice
de
toute
chose
existante,
ayant
existé
et
à
venir.
La
sphère
des
idées
serait
alors
supérieure
au
monde sensible
qui
ne
serait
qu'un jeu
d'apparences.
Pour que
les
idées,
c'est-à-dire
les
choses
de l'esprit,
(dont
notre
âme ferait
partie),
arrivent
dans
le
monde
sensible,
elles
subiraient
une
chute
et une dégradation,
(notre
naissance),
avant
de repartir
dans
les
sphères
célestes,
à noue
mort,
"C'est
le
mythe
de
Glaucos.
Ainsi,
pour
Platon,
il
existe
une
vie
de
l'homme
en tant qu'âme,
donc
en
tant
qu'esprit
dissociable
du
corps.
«
L'homme
est
un
ange
déchu
qui se
souvient
des
cieux
»,
nous
dit
Lamartine
exprimant
son
adhésion
à
une
telle
vision.
Notre
matière,
notre
corps
ne serait
alors
qu'une
voiture
dans
laquelle
nous
évoluerions,
plus
ou
moins
à l'aise
d'ailleurs
...
je
crois
qu'ils
ont
oublié
les
airbags
et les
rétroviseurs
chez
moi.
Bon
soit,
mais
pourquoi
pas
!
De
là
à évoquer
le
film Matrix,
il
n'y
a qu'un
pas.
Pourquoi
ne
pas
nous
percevoir
comme
dans
la
matrice,
et ne
pas
penser
que
nos
sens
nous
mentent,
que
tout
ce que
nous
percevons
comme
matière
n'est
en fait
qu'une
illusion
dont
nous
sommes
prisonniers?
À
ces
conceptions
poétiques,
réjouissantes
et amusantes
pour l'esprit,
mais
du
reste
plus
qu'incertaines,
les
neurosciences
répliquent
par
l'étude
tangible
de
notre
cerveau.
Par elles,
notre
cerveau
est
défini
comme
le
siège
de
notre
esprit,
et
donc
de
notre
être.
Nos
pensées,
nos
humeurs
semblent
n'être
faites
que
d'échanges
chimiques
et
électriques,
de
données
biologiques
simplement
ignorées
jusqu'alors.
Ce
n'est
pas
parce
que
nous
ne
percevons
pas
les
données
biologiques
à l'origine
de
nos
faits
et
gestes
et
de
nos
pensées
qu'elles
n'existent
pas.
Si
nous
avons
pu
penser
à
l'existence
d'une
composante
de
notre
être
dissociée
de
la
matière
et
appelée
l'esprit,
les
découvertes
modernes
lui
laissent
décidément
peu
de
place.
Le
matérialisme
semble
avoir
la part belle
et
gagner
à redéfinir
l'esprit,
non
pas
en
tant
qu'âme
dissociable
du
corps
et
existant
dans
l'immatériel,
mais
en
tant
que
donnée
biologique
provoquée
par
des
modifications
du
système
corporel.
Ainsi
l'homme
tend
à
être
uniquement
perçu
en
tant
que
matière,
puisque
tout
peut être
lu
en
elle.
Elle
est
tangible.
Qui
a déjà
perçu
un
esprit
en
dehors
de
toute
matérialité?
Alors
l'homme
en tant
qu'esprit
est-il
définitivement
un mythe
? Et si
la vraie
question
était
la suivante
: si les
signaux
électriques
et
chimiques,
que
nous
percevons
dans
notre
corps et
qui déterminent
ce que nous
appelons
l'esprit,
n'étaient
en réalité
pas
l'origine,
mais la
manifestation,
c'est-à-dire
la
conséquence
de
l'esprit?
Nous
voilà bien
embêtés
face au vertigineux
problème
de la poule
et de
l'œuf.
Qui
détermine
qui?
Question
ontologique,
qu'est-ce
que
l'Homme,
qu'est-ce
qu'être
Homme
? Dépassons
quelques
instants
le dualisme
qui nous
occupe et
prenons
le problème
par un
autre bout.
Attaquons-nous
à l'Homme,
en tant
que virtualité.
C'est-à-dire
en tant que
potentiel
dont l'humanité
est à
réaliser,
En effet,
si nous
n'étions
que pures
données
biologiques,
nous
serions
hommes par
nature
et non pas
par-culture,
nous n'aurions
pas besoin
d'être
éduqués
pour
devenir
ce que nous
sommes.
Vous n'auriez
même
pas besoin
de lire cet
article,
ni moi de
l'écrire,
tout
nous serait
si évident
que nous
n'aurions
pas besoin
d'en
parler.
Nous
serions
tout
simplement
animaux.
Tous
le disent,
à commencer
par
Érasme,
« On ne
naît pas
Homme, on
le devient.
» Le
cas
des enfants
sauvages
prouve que
nous ne
sommes
pas humains
par nature,
c'est-à-dire
par
notre
corps, mais
par culture,
par
un travail
de modelage
de
l'esprit.
Un travail
qui doit
cependant
être
fait jeune.
Claude
Levi Strauss
ayant recueilli
un enfant
sauvage,
et tenté
de le
faire accéder
au stade
humain
en
l'introduisant
dans la
civilisation,
nous montre
bien
que, s'il
est à
ses débuts
gratifié
de ses
efforts
par une
nette
progression
de
l'enfant,
il finit
par se
heurter
à une
limite.
L'enfant
qu'il a
recueilli
n'arrivera
jamais à parler.
Ce simple
fait
suppose
une
définition
de l'homme
qui ne
dépende
pas uniquement
de notre
caractère
biologique
et qui
montre
l'importance
de l'esprit
et de
son éducation
dans notre
définition
ontologique.
Concluons
provisoirement
notre
réflexion
sur
cette
phrase de
Baudelaire:
« ce qui
est créé par
l'esprit
est plus
vivant
que la
matière
». L'homme
est avant tout
un idéal
à réaliser.
::J
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