mardi 24 février 2015

La Minute Philosophique Du Mardi A La Piscine

Texte soumis par JPA

L'HOMME
EST-IL
ESPRIT OU
MATIERE


Voilà un débat qui ne date pas d'hier! Entre matérialistes et idéalistes, la sphère des idées et le monde sensible, les avis n'en finissent pas de s'affronter depuis deux mille cinq cents ans. Nous n'avons toujours pas fini d'en découdre avec ce dualisme, le débat continue! Sans oublier nos racines grecques, quelles réponses la modernité peut-elle apporter à ce problème existentiel, ontologique?

Par Eugénie Baylac



Ah beau sujet, vaste sujet ! L'homme se définit-il uniquement par ses données biologiques, son corps et ce qui lui arrive physiquement dans le temps qui lui est imparti, entre la naissance et la mort? Ou bien l'homme eut-il être envisagé autrement, d'après une composante de l'esprit, pris et compris en dehors de la donnée biologique, selon sa capacité à raisonner, et à exister dans ce que l'on pourrait appeler l'immatériel, et que certains iront jusqu'à définir par la notion d'âme? Dans l'Antiquité, Platon identifiait deux sphères dans lesquelles nous évoluerions. D'une part, il y aurait le monde sensible perçu par nos sens et reflet mensonger de la alité, car les sens nous trompent, ils nous enivrent et ne sont pas fiables selon lui. D'autre part, on trouverait le monde des idées, spre céleste d'notre âme serait issue, toujours selon lui, et qui contiendrait en essence la matrice de toute chose existante, ayant existé et à venir. La sphère des idées serait alors supérieure au monde sensible qui ne serait qu'un jeu d'apparences. Pour que les idées, c'est-à-dire les choses de l'esprit, (dont notre âme ferait partie), arrivent dans le monde sensible, elles subiraient une chute et une dégradation, (notre naissance), avant de repartir dans les sphères célestes, à noue mort, "C'est le mythe de Glaucos. Ainsi, pour Platon, il existe une vie de l'homme en tant qu'âme, donc en tant qu'esprit dissociable du corps. « L'homme est un ange déchu qui se souvient des cieux », nous dit Lamartine exprimant son adhésion à une telle vision. Notre matière, notre corps ne serait alors qu'une voiture dans laquelle nous évoluerions, plus ou moins à l'aise d'ailleurs ... je crois qu'ils ont oublles airbags et les rétroviseurs chez moi. Bon soit, mais pourquoi pas ! De là à évoquer le film Matrix, il n'y a qu'un pas. Pourquoi ne pas nous percevoir comme dans la matrice, et ne pas penser que nos sens nous mentent, que tout ce que nous percevons comme matière n'est en fait qu'une illusion dont nous sommes prisonniers?

À ces conceptions poétiques, réjouissantes et amusantes pour l'esprit, mais du reste plus qu'incertaines, les neurosciences répliquent par l'étude tangible de notre cerveau. Par elles, notre cerveau est défini comme le siège de notre esprit, et donc de notre être. Nos pensées, nos humeurs semblent n'être faites que d'échanges chimiques et électriques, de données biologiques simplement ignorées jusqu'alors.
Ce n'est pas parce que nous ne percevons pas les données biologiques à l'origine de nos faits et gestes et de nos pensées qu'elles n'existent pas. Si nous avons pu penser à l'existence d'une composante de notre être dissociée de la matière et appelée l'esprit, les découvertes modernes lui laissent décidément peu de place. Le matérialisme semble avoir la part belle et gagner à redéfinir l'esprit, non pas en tant qume dissociable du corps et existant dans l'immatériel, mais en tant que donnée biologique provoquée par des modifications du système corporel. Ainsi l'homme tend à être uniquement perçu en tant que matière, puisque tout peut être lu en elle. Elle est tangible. Qui a déjà perçu un esprit en dehors de toute matérialité?
Alors l'homme en tant qu'esprit est-il définitivement un mythe ? Et si la vraie question était la suivante : si les signaux électriques et chimiques, que nous percevons dans notre corps et qui déterminent ce que nous appelons l'esprit, n'étaient en réalipas l'origine, mais la manifestation, c'est-à-dire la conséquence de l'esprit?
Nous voilà bien embêtés face au vertigineux problème de la poule et de l'œuf. Qui détermine qui?
Question ontologique, qu'est-ce que l'Homme, qu'est-ce qutre Homme ? Dépassons quelques instants le dualisme qui nous occupe et prenons le problème par un autre bout. Attaquons-nous à l'Homme, en tant que virtualité. C'est-à-dire en tant que potentiel dont l'humanité est à réaliser, En effet, si nous n'étions que pures données biologiques, nous serions hommes par nature et non pas par-culture, nous n'aurions pas besoin d'être éduqués pour devenir ce que nous sommes. Vous n'auriez même pas besoin de lire cet article, ni moi de l'écrire, tout nous serait si évident que nous n'aurions pas besoin d'en parler. Nous serions tout simplement animaux. Tous le disent, à commencer par Érasme, « On ne naît pas Homme, on le devient. » Le cas des enfants sauvages prouve que nous ne sommes pas humains par nature, c'est-à-dire par notre corps, mais par culture, par un travail de modelage de l'esprit. Un travail qui doit cependant être fait jeune. Claude Levi Strauss ayant recueilli un enfant sauvage, et tenté de le faire accéder au stade humain en l'introduisant dans la civilisation, nous montre bien que, s'il est à ses débuts gratifié de ses efforts par une nette progression de l'enfant, il finit par se heurter à une limite. L'enfant qu'il a recueilli n'arrivera jamais à parler. Ce simple fait suppose une définition de l'homme qui ne dépende pas uniquement de notre caractère biologique et qui montre l'importance de l'esprit et de son éducation dans notre définition ontologique.

Concluons provisoirement notre réflexion sur cette phrase de Baudelaire: « ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière ». L'homme est avant tout un idéal à réaliser. ::J 

Jean Pierre nous a quitté

 "Parlant de lui-même, il nous dit que jardiner est une façon d’affronter la peur de la mort : “Je veux qu’elle me prenne tout botté qu...