mardi 1 juin 2021

Un texte pour ceux qui aiment.les chats

Au commencement, Dieu créa le chat à son image. Et bien entendu,
il trouva que c’était bien. Et c’était bien d’ailleurs. Mais le chat était paresseux.
Il ne voulait rien faire. Alors plus tard, après quelques millénaires, Dieu créa
l’homme. Uniquement dans le but de servir le chat, de lui servir d’esclave
jusqu’à la fin des temps. Au chat, il avait donné l’indolence et la lucidité ;
à l’homme il donna la névrose, le don du bricolage et la passion du travail.
L’homme s’en donna à cœur joie. Au cours des siècles, il édifia toute une
civilisation basée sur l’invention, la production et la consommation intensive.
Civilisation qui n’avait en réalité qu’un seul but secret : offrir au chat le confort,
le gîte et le couvert.
C’est-à-dire que l’homme inventa des millions d’objets inutiles,
généralement absurdes, tout cela pour produire, parallèlement, les quelques
objets indispensables au bien-être du chat : le radiateur, le coussin, le bol, le plat
à cuire, le pêcheur breton, le tapis, la moquette, le panier d’osier et aussi peut-
être la radio puisque les chats aiment la musique.
Mais de tout cela les hommes ne savent rien. À leurs souhaits. Bénis
soient-ils. Et ils croient l’être. Tout est pour le mieux dans le meilleur des
mondes des chats.
JACQUES STERNBERG, Contes glacés.

jeudi 20 mai 2021

Un mail de Lucien et un article du Monde


Un article de Thomas Piketty dans le Monde du 16 mai  reprend le thème du revenu de base pour compléter la fusée à trois étages par l'emploi garanti et l'héritage universel. 
On en débat au moins depuis 1795 avec un opuscule de Thomas Paine. 
Il y a beaucoup de réticences dans l'opinion , notamment à propos du Revenu de base inconditionnel et  universel. A la fois parce que cela dissocie revenu et travail , mais n'est ce
 pas le cas de nombreuses consommations collectives et minimas de l'Etat providence, mais aussi parce que cela développe l'assistanat etc.  Pour l'Héritage le problème est encore plus bloqué.
On parle beaucoup de l'Assistanat mais peu de l'Héritanat, masqué par les discours sur la méritocratie et les talents. 
Il  y a toute une gamme de visions pour le Revenu de base qui vont des positions libertariennes de remplacement de l'Etat providence à des positions plus complémentaires avec celui -ci. D'autres questions importantes sont soulevées comme les modalités de financement, l'éligibilité etc..Bref une discussion politique et pas une solution miracle.
Le problème c'est qu'une bonne partie de la population est dans un état de précarisation et de perte de tout pouvoir de négociation. De plus cette situation les place dans un état  de soumission et d'arbitraire vis à vis des organismes sociaux qui contrôlent de nombreux aspects y compris de la vie privée (Il y a eu des résultats d'enquête assez édifiants sur les procédures des organismes du RSA et de la CAF dans de nombreux départements.)
L'économiste Milton Friedman, disait en défendant le principe de l' Impôt négatif que la meilleure façon de traiter les pauvres "c'est de les laisser tranquilles". .Non pas au sens  de détourner les yeux et de s'en laver les mains mais de cesser de les contrôler, de les suspecter et de les humilier. Or toutes procédures conditionnelles instaurent un contrôle pour de bonnes raisons sûrement mais avec des effets pervers considérables pour les populations concernées.
  Je ne partage certes pas les raisons que donne Friedman (qui par ailleurs est un très grand économiste en dépit des "Chicago boys") pour expliquer la situation des pauvres, en tant qu'individus. Parler de pauvres comme les libéraux c'est penser en termes d'individus responsables de leur situation : imprévoyants, fainéants, inadaptés au monde, c'est "blâmer la victime" comme disent les anglo saxons.  Parler de "pauvreté", c'est montrer qu'il y a des mécanismes plus généraux qui la produisent. Au sens où disait Rousseau s'il y a des pauvres c'est qu'il y a des riches, si l'on manque de pain dans les campagnes c'est qu'il y a du luxe dans les villes. C'est le débat entre nominalistes et réalistes.

On peut je pense sans difficultés transposer cette réflexion à l'évolution depuis une quarantaine d'années d'années au gagnants et aux perdants des réformes fiscales, de la mondialisation et de la libéralisation. Pensons au débat au moment des Gilets jaunes des Gilets jaunes entre les "Anywhere" et les " Somewhere"
L'inconditionnalité du revenu de base participe de cette émancipation qui évite la double trappe. Trappe à l'emploi ( être obligé de prendre le premier emploi venu aux conditions de l'employeur) et trappe au chômage ( travailler fait perdre de l'argent compte tenu de la fiscalité).
 
La chronique de Thomas Piketty dans le Monde du 16 mai










samedi 23 janvier 2021

Passage du Cap Horn





Pip Hare passe le Cap Horn

La navigatrice anglaise fait partager sa joie dans un petit film.
C'est encore plus émouvant avec le son.



















mardi 12 janvier 2021

Le froid en Europe en résumé

Vague de froid venue du pôle Nord : pourquoi l'Europe risque de grelotter
Déstabilisé par un brusque réchauffement de la stratosphère, le vortex polaire pourrait descendre ces prochaines semaines sur l'Europe ou l'Amérique du Nord.

Bientôt, les Espagnols ne seront peut-être plus les seuls à grelotter. Un brusque réchauffement atmosphérique dans la région du pôle Nord a perturbé la circulation des vents, menaçant d'amener jusqu'à nos latitudes l'air glacial normalement centré autour du pôle.
Le phénomène n'a aucun rapport avec la tempête Filomena, qui vient de frapper le centre de l'Espagne, paralysant sa capitale Madrid et faisant quatre victimes. Mais il pourrait aboutir à des conséquences similaires, avec une chute des températures et d'intenses chutes de neige. Les météorologistes n'ont pour l'instant aucune certitude que cela se produise, mais toutes les conditions semblent réunies. Entre mi-décembre et début janvier, la température de la stratosphère dans la région du pôle Nord est passée de -70°C à -20°C:  un réchauffement de l'ordre de 50°C qui a provoqué une inversion des vents au sein du vortex polaire. Tournant normalement dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, ils sont orientés vers l'est depuis le début de la semaine. C'est ce que les météorologues appellent un "réchauffement stratosphérique soudain" ou SSW (sudden stratospheric warming).
En temps normal, la différence de température entre la zone polaire plongée dans l'obscurité et les régions plus au sud génère un puissant courant-jet. Ces vents d'ouest forment une sorte de barrière qui empêche le vortex polaire, une tourbillon d'air glacial centré sur le pôle, de descendre plus au sud. Mais lorsque les températures de la stratosphère dans cette zone augmentent, la force des vents diminue également, jusqu'à parfois s'inverser. Plus rien ne retient l'air froid, qui peut alors se mélanger au courant-jet pour descendre jusqu'à nos latitudes. En d'autres termes, la porte du congélateur est ouverte
Les SSW sont loin d'être rares. Le dernier remonte à 2018:  en février-mars, l'Europe avait alors connu une intense vague de froid. Il avait même neigé à Rome. Pour l'instant, rien n'indique dans quelle direction va se diriger le vortex polaire de 2021, ni même s'il ne va pas éclater en plusieurs en plusieurs morceaux qui pourraient partir à la dérive vers l'Europe ou l'Amérique du Nord. Les météorologues suivent de près son évolution.
On ignore en revanche pourquoi la stratosphère s'est réchauffée à ce point autour du pôle, même si certains scientifiques avancent des pistes. Pour le météorologue américain Judah Cohen, directeur des prévisions saisonniers à l'Institut de recherche atmosphérique et environnement du Massachusetts, interrogé par le site LiveScience, le phénomène pourrait être lié à la réduction de la surface de la banquise

lundi 11 janvier 2021

Le froid en Europe

Dans le Dauphiné  libéré un article explique  la cause des températures basses que nous subissons ces jours-ci

Comment une augmentation de température de 50 degrés peut  " ouvrir la porte du congélateur" et entrainer du froid en Europe.

https://www.ledauphine.com/environnement/2021/01/10/vague-de-froid-venue-du-pole-pourquoi-l-europe-risque-de-grelotter

Jean Pierre nous a quitté

 "Parlant de lui-même, il nous dit que jardiner est une façon d’affronter la peur de la mort : “Je veux qu’elle me prenne tout botté qu...