Un article de Thomas Piketty dans le Monde du 16 mai reprend le thème du revenu de base pour compléter la fusée à trois étages par l'emploi garanti et l'héritage universel.
On en débat au moins depuis 1795 avec un opuscule de Thomas Paine.
Il y a beaucoup de réticences dans l'opinion , notamment à propos du Revenu de base inconditionnel et universel. A la fois parce que cela dissocie revenu et travail , mais n'est ce
Il y a beaucoup de réticences dans l'opinion , notamment à propos du Revenu de base inconditionnel et universel. A la fois parce que cela dissocie revenu et travail , mais n'est ce
pas le cas de nombreuses consommations collectives et minimas de l'Etat providence, mais aussi parce que cela développe l'assistanat etc. Pour l'Héritage le problème est encore plus bloqué.
On parle beaucoup de l'Assistanat mais peu de l'Héritanat, masqué par les discours sur la méritocratie et les talents.
Il y a toute une gamme de visions pour le Revenu de base qui vont des positions libertariennes de remplacement de l'Etat providence à des positions plus complémentaires avec celui -ci. D'autres questions importantes sont soulevées comme les modalités de financement, l'éligibilité etc..Bref une discussion politique et pas une solution miracle.
Le problème c'est qu'une bonne partie de la population est dans un état de précarisation et de perte de tout pouvoir de négociation. De plus cette situation les place dans un état de soumission et d'arbitraire vis à vis des organismes sociaux qui contrôlent de nombreux aspects y compris de la vie privée (Il y a eu des résultats d'enquête assez édifiants sur les procédures des organismes du RSA et de la CAF dans de nombreux départements.)
L'économiste Milton Friedman, disait en défendant le principe de l' Impôt négatif que la meilleure façon de traiter les pauvres "c'est de les laisser tranquilles". .Non pas au sens de détourner les yeux et de s'en laver les mains mais de cesser de les contrôler, de les suspecter et de les humilier. Or toutes procédures conditionnelles instaurent un contrôle pour de bonnes raisons sûrement mais avec des effets pervers considérables pour les populations concernées.
Le problème c'est qu'une bonne partie de la population est dans un état de précarisation et de perte de tout pouvoir de négociation. De plus cette situation les place dans un état de soumission et d'arbitraire vis à vis des organismes sociaux qui contrôlent de nombreux aspects y compris de la vie privée (Il y a eu des résultats d'enquête assez édifiants sur les procédures des organismes du RSA et de la CAF dans de nombreux départements.)
L'économiste Milton Friedman, disait en défendant le principe de l' Impôt négatif que la meilleure façon de traiter les pauvres "c'est de les laisser tranquilles". .Non pas au sens de détourner les yeux et de s'en laver les mains mais de cesser de les contrôler, de les suspecter et de les humilier. Or toutes procédures conditionnelles instaurent un contrôle pour de bonnes raisons sûrement mais avec des effets pervers considérables pour les populations concernées.
Je ne partage certes pas les raisons que donne Friedman (qui par ailleurs est un très grand économiste en dépit des "Chicago boys") pour expliquer la situation des pauvres, en tant qu'individus. Parler de pauvres comme les libéraux c'est penser en termes d'individus responsables de leur situation : imprévoyants, fainéants, inadaptés au monde, c'est "blâmer la victime" comme disent les anglo saxons. Parler de "pauvreté", c'est montrer qu'il y a des mécanismes plus généraux qui la produisent. Au sens où disait Rousseau s'il y a des pauvres c'est qu'il y a des riches, si l'on manque de pain dans les campagnes c'est qu'il y a du luxe dans les villes. C'est le débat entre nominalistes et réalistes.
On peut je pense sans difficultés transposer cette réflexion à l'évolution depuis une quarantaine d'années d'années au gagnants et aux perdants des réformes fiscales, de la mondialisation et de la libéralisation. Pensons au débat au moment des Gilets jaunes des Gilets jaunes entre les "Anywhere" et les " Somewhere"
L'inconditionnalité du revenu de base participe de cette émancipation qui évite la double trappe. Trappe à l'emploi ( être obligé de prendre le premier emploi venu aux conditions de l'employeur) et trappe au chômage ( travailler fait perdre de l'argent compte tenu de la fiscalité).